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27 janvier : une journée européenne pour se souvenir

di Federica Bigarani

SECONDARIA DI 1° GRADO FRANCESE

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« Je ne suis vraiment jamais sortie du camp d’Auschwitz. »

C’est par ces mots très forts qu’Esther Senot, l’une des dernières rescapées des camps de concentration nazis, témoigne toute sa souffrance et sa détermination à rappeler au monde entier ce drame historique majeur et les enseignements qui s’en dégagent, pour que de telles tragédies ne se produisent plus. 

Née en 1928 dans une famille juive polonaise, elle s’installe à Paris à l’âge de deux ans. Elle vit à peu près normalement dans le quartier de Belleville jusqu’en 1939. Ensuite, tout change et devient compliqué pour les Juifs : recensement, couvre-feu à 20 heures, autorisation pour faire les courses… 

Si elle échappe miraculeusement à la rafle du Vél d’Hiv, elle connait, comme ses parents, l’enfer de Drancy. Le 2 septembre 1943, elle fait partie du convoi 59, un wagon à bestiaux avec un millier de femmes déportées dans les camps nazis d’Auschwitz-Birkenau. Un voyage de trois jours atroce, glaçant.

En 1945 elle y rencontre sa sœur Fanny, déportée deux ans plus tôt. « Les retrouvailles ont été pénibles, épouvantables. » Avant de mourir dans un crématoire, sa sœur lui fait promettre de raconter ce que des hommes ont été capables de faire à d’autres et « pour ne pas être les oubliées de l’histoire ».

Les récits des prisonniers juifs dans les camps de concentration sont terriblement les mêmes, mais, à chaque fois, c’est l’horreur. Horreur et souffrance qu’Esther voulait peut-être oublier, mais que les attentats terroristes de ces dernières années ont ravivées. 

Ainsi, soixante-seize ans après la libération des camps, fidèle à la promesse faite à sa sœur, Esther Senot continue de faire vivre la mémoire des siens par des conférences, des interviews et un livre très émouvant où le témoignage est suivi par un dialogue avec les disparus et par des lettres.

Le 27 janvier prochain, date symbolique qui correspond à l’anniversaire de la libération du camp d’Auschwitz-Birkenau, ce sera donc l’occasion d’engager avec nos élèves une réflexion sur la Shoah et les génocides et de rappeler les valeurs humanistes qui fondent la démocratie. 

Bibliographie 

  • Les films français :
    • Au revoir les enfants, L. Malle, 1987
    • La rafle, R. Bosch, 2010
    • Un sac de billes, C. Duguay, 2017

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